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Des lieux atypiques pour des synagogues belges

Rédigé par Angélique Burnotte, licenciée en histoire (ULg), chercheuse et assistante de direction à l'Institut d'Etudes du Judaïsme.


Les communautés juives de Belgique n’ont pas toujours disposé de synagogues. Lors de l’installation de Juifs dans une ville, ils se regroupaient pour prier ensemble, généralement, dans des maisons privées. Puis, avec l’organisation d’une communauté, ils louaient, achetaient, ou recevaient en prêt de l’État, un bâtiment qui était alors aménagé afin de servir de synagogue. Ce n’est qu’avec l’augmentation de la taille de la Communauté que ses dirigeants décidaient habituellement de faire construire une synagogue.


Synagogue à Bruxelles de 1834 à 1878.

À Bruxelles, de 1834 à 1878, la communauté juive occupe une salle située rue de Bavière, actuellement rue de Dinant. Ce bâtiment, construit en 1702, fut d’abord occupé par une boucherie. En 1756, il fut transformé en salle de concert, puis, en 1792, le lieu servit d’hôpital pour, en 1794, redevenir une salle de théâtre et de concert. Pendant plusieurs années, c’est la Société des Amis des Beaux Arts qui l’occupera. Cela jusqu’en 1833, quand le Consistoire achètera le bâtiment grâce au prêt d’argent de plusieurs de ses membres ainsi qu’au subside de l’État belge. Les travaux de transformation dureront un an et la synagogue sera inaugurée le 18 avril 1834 par le Grand Rabbin de Belgique, Elie Carmoly qui écrira pour l’occasion une « Ode hébraïque sur l’inauguration du Temple Israélite de Bruxelles », publiée à Bruxelles, en 1834. Dans cette prière, il remerciait « un digne monarque » d’avoir autorisé la construction et les donateurs de leur aide. Quarante ans plus tard, en 1878, la Communauté quittera les lieux pour s’installer dans la Grande Synagogue construite rue de la Régence. Le bâtiment sera alors vendu et redeviendra une salle de spectacle jusqu’en 1886, quand la Maison du Peuple s’y installera. Ce bâtiment sera démoli dans les années 1950.


Synagogue à Anvers de 1846 à 1893.

À Anvers, de 1846 à 1893, la Communauté s’installe en tant que locataire à l’étage de l’ancienne chapelle Pierre Pot, construite au XVe siècle. Le bâtiment, qui avait été un monastère pendant plusieurs siècles, sera transformé en synagogue, tandis que le rez-de-chaussée sera occupé par un commerce. Quelques années plus tard, les membres de la Communauté vont acquérir le bâtiment. Comme la Communauté ne possédait pas la personnalité civile, ce sont des membres qui font l’achat à titre privé. Afin de subvenir à ses besoins financiers, la Communauté continuera à mettre en location le rez-de-chaussée. La synagogue anversoise, située Bouwmeesterstraat sera inaugurée en 1893. C’est alors que la Communauté quittera les lieux. Au XXe siècle, c’est une école catholique qui occupera les bâtiments.


Synagogue à Liège de 1876 à 1899.

À Liège, en 1876, l’ancien Hospice Saint Julien est transformé en synagogue. Situé Outremeuse, le bâtiment sera gratuitement mis à disposition de la Communauté juive par la ville de Liège. À charge pour la Communauté de transformer les lieux. En 1899, la Synagogue de Liège, rue Léon Frédéricq, sera inaugurée. C’est alors que la Communauté juive restituera le bâtiment à son propriétaire. Le bâtiment, construit au XIVe siècle, était d’abord un hospice destiné à y loger des voyageurs pauvres.

Au fil des siècles, il s’agrandira avec un hôpital, un béguinage et une chapelle. Il deviendra un hall aux grains pendant la Révolution française puis un hall aux viandes au XIXe siècle, avant d’être prêté à la Communauté juive. Au XXe siècle, il est transformé en café : le Café du Temple.


Synagogue de la Communauté Israélite de Waterloo et du Brabant Sud depuis 1997.

Plus récemment, à Waterloo, une villa a été transformée en synagogue. Inaugurée en 1997, cela fait 17 ans que la Communauté loue cette maison appartenant au Ministère des Finances. Le bâtiment était alors connu pour être l’ancien local du cercle artistique de Waterloo.

Comme on le voit, au XIXe siècle, les Communautés juives utilisaient souvent des anciennes chapelles ou salles de spectacles pour y installer leurs synagogues. Probablement parce que ces lieux étaient plus faciles à adapter et possédaient déjà une pièce assez grande pour accueillir de nombreux fidèles aux heures des prières. Mais ce ne sont généralement que solutions provisoires, l’objectif étant la construction d’une vraie synagogue.


Première publication dans la Centrale n° 331, mars 2014, pp. 5-6.



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17 avenue Roosevelt, 1050 Ixelles, Belgique

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